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Pendant cinquante ans, l’ancien tracé de Spa a offert quatorze kilomètres d’effroi et d’extase aux plus grands pilotes :

  • frissons dans le raidillon de l’Eau Rouge, le « moment » le plus célèbre du monde de la course automobile ;
  • passage du terrifiant Burnenville en apnée ;
  • ivresse de la descente des quatre kilomètres de Masta pied à la planche ;
  • plongée dans les délices de Stavelot ;
  • griserie de la remontée à travers pins et sapins par les méandres de la Carrière et Blanchimont, avant de renaître à la civilisation au Club House et de sauter sur la pédale de frein à la Source, seul virage lent du circuit.

À cet endroit, le site, noyé dans la profondeur de la forêt ardennaise, donnait une impression grandiose d’arène. Les pilotes en étaient les gladiateurs qui osaient affronter la bête à mains nues dans une étreinte parfois mortelle de quatre longues minutes, électrisant les foules, subjuguées par leur bravoure, autant que par leur talent.

Le grand Dan Gurney résumait l’opinion de ses camarades :

« Spa-Francorchamps faisait la différence entre les hommes et les petits garçons ».

(Circuit de Spa-Francorchamps, Patrick Sinibaldi – Edition ETAI)


1963

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